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Extrait du “Le Blason & ses secrets”
© Frédéric Luz, 1995
Il n'est pas courant dans les ouvrages traitant d'héraldique
de voir aborder la question du bon usage des armoiries par
nos contemporains. Si les communes et les sociétés commerciales
usent sans réserve de leurs armoiries, et ce sur tous les
supports imaginables (du papier à en-tête à la poubelle municipale,
en passant par la boîte de camembert), le particulier, lui,
hésite à arborer une marque parfois assimilée à un certain
snobisme.
Cependant, un blason peut-il se concevoir autrement que porté?
C’est sans doute la seule manière de maintenir l’héraldique
vivante et de ne pas l’enfouir sous la poussière des bibliothèques
ou des cabinets d’amateurs.
Si l’on ne fait plus guère usage de nos jours de boucliers
(exception faite des Compagnies Républicaines de Sécurité...)
il est mille façons de faire usage, dans la discrétion et
le bon goût, de ses armoiries. Le propre du blason est en
effet de pouvoir être “conjugué” sur une infinité de supports.
La vaisselle qu’elle soit d’étain, d’argent, de porcelaine
ou de cristal a, depuis le Moyen Âge, été pour les graveurs
et les peintres un espace privilégié sur lequel exercer leur
art. Il n’était pas exceptionnel dans les familles quelque
peu aisées que l’on timbra des batteries entières de cuisine
aux armes.
On retrouvait aussi les armoiries familiales sur le linge
de maison, sur les plaques de cheminées, sur les meubles ou
sculptées dans la pierre.
Un tel déploiement armorial, si merveilleusement somptueux,
ne se conçoit plus guère aujourd’hui. Il reste heureusement
pour nos contemporains de nombreux champs d’application “domestique”
du blason.
Les peintures d’armoiries sur papier, sur parchemin ou sur
bois restent des éléments décoratifs de prestige, au charme
inimitable et à la portée de toutes les personnes de goût.
Les Suisses prisent fort, quant à eux, les petits vitraux
armoriés. On peut aussi faire réaliser des écus en grès émaillé
qui, de par la richesse de leurs nuances colorées, rehaussent
la décoration intérieure et extérieure d’une maison (en France,
Jean-Marc Richard est un des meilleurs spécialistes, car il
est un des rares céramistes à avoir parfaitement maîtrisé
les techniques quasi-alchimiques de la cuisson des émaux héraldiques).
L’Ex-Libris, dont l’usage est fort ancien (Albert Dürer,
au XVIème siècle, en réalisa un grand nombre), permet au bibliophile
de personnaliser tous ses livres. Le motif principal de cette
marque fut pendant de longs siècles presque exclusivement
le blason. Le XIXème siècle vit apparaître des motifs non-héraldiques,
mais depuis quelques années on observe un regain d’intérêt
certain pour l’Ex-Libris armorié. L’Ex-Libris peut prendre
la forme d’une vignette imprimée, mais aussi celle d’un cachet
à encre ou d’une pince à gaufrer.
Les papiers à lettre et les cartes de correspondance peuvent
être imprimés aux armes. Celles-ci doivent figurer seules
(sans nom ni adresse) en haut de la feuille, centrées ou placées
sur la gauche. Le motif ne doit pas dépasser trois centimètres
de haut (au-delà de cette taille on aborde le domaine de l’en-tête
commerciale). L’impression se fait avec une encre de couleur
sombre (noir, sépia, bleu nuit ou gris foncé) ou par l’application
discrète d’or ou d’argent à chaud, le tout bien sûr en harmonie
avec la teinte du papier. La technique de l’impression en
relief, par gaufrage, est sans aucun doute à la fois la plus
discrète, la plus prestigieuse et ... la plus coûteuse.
L’usage de l’anneau sigillaire armorié ou chevalière (appelée
aussi parfois chancelière) remonte sans aucun doute à la plus
haute antiquité. Les souverains s’en servirent souvent comme
contre-sceau. Le nom même de chevalière vient du fait que
les chevaliers recevaient au jour de leur adoubement un anneau
d’or comme symbole de leur rattachement à l’initiation chevaleresque.
L’usage de la chevalière armoriée s’est particulièrement
développé depuis le XIXème siècle prenant progressivement
le pas sur les cachets-pendreloques que l’on portait en pendentif
ou au gousset. La chevalière armoriée permet aujourd’hui de
porter réellement son blason et l’on voit réapparaître depuis
quelques années un engouement certain pour ce type de bijou.
La chevalière, dont le plateau peut être ovale, rond, carré
ou rectangulaire (il s’agit là d’une question de goût et de
mode) se porte à l’annulaire ou à l’auriculaire de la main
droite.

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Cabinet Héraldique Luz
Saint-Hilaire
81300 GRAULHET- France
Tél : + 33 (0)9 53 64 11 07
Fax: +33 (0)5 63 55 59 79
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